Vous avez terminé votre roman. Ou presque. Après des mois, parfois des années d’écriture, de réécriture et de corrections, une nouvelle question apparaît : comment le publier ?
Pour beaucoup d’auteurs, le choix se résume à deux grandes possibilités : envoyer son manuscrit à une maison d’édition ou publier soi-même son livre en auto-édition.
Ces deux voies peuvent conduire à la publication d’un même texte, mais elles impliquent une manière de travailler, un niveau de contrôle, des contraintes et des objectifs très différents.
**Il n’existe pas une bonne et une mauvaise façon de publier un livre. Il existe surtout une solution plus ou moins adaptée à votre projet, à vos attentes et au rôle que vous souhaitez conserver après avoir écrit le mot « fin ».**
Auto-édition et maison d’édition : de quoi parle-t-on exactement ?
En auto-édition, l’auteur prend lui-même en charge la publication de son livre. Il peut utiliser une plateforme d’impression à la demande, publier un ebook, faire imprimer des exemplaires ou travailler directement avec différents prestataires.
Il devient donc, en quelque sorte, son propre éditeur.
Cela ne signifie pas nécessairement tout faire seul. Un auteur auto-édité peut faire appel à un correcteur, un graphiste pour sa couverture, un maquettiste, un illustrateur ou encore un spécialiste de la communication. La différence est qu’il choisit ces intervenants et pilote lui-même le projet.
Avec une maison d’édition traditionnelle, le fonctionnement est différent. L’auteur soumet son manuscrit à un éditeur, qui décide ou non de le publier. Si le texte est retenu, un contrat d’édition est signé et la maison prend généralement en charge le travail éditorial, la couverture, la fabrication du livre ainsi que sa mise à disposition dans ses circuits de diffusion et de distribution.
La promotion peut également faire partie de cet accompagnement, mais son importance varie fortement selon les maisons, les collections et les livres.
Il faut également distinguer l’édition traditionnelle de l’édition à compte d’auteur, dans laquelle une entreprise demande à l’auteur de financer tout ou partie de la publication. Ce troisième modèle ne doit pas être confondu avec une maison d’édition classique fonctionnant à compte d’éditeur.
Le premier critère : garder ou partager le contrôle de son livre
L’une des principales différences entre auto-édition et éditeur concerne le contrôle artistique.
En auto-édition, vous décidez presque tout :
le titre définitif ;
la couverture ;
le résumé ;
la mise en page ;
le prix ;
la date de publication ;
les formats disponibles ;
les éventuelles modifications du texte ;
la stratégie de communication.
Pour certains auteurs, cette liberté est essentielle. Le livre reste exactement le projet qu’ils souhaitent publier.
Mais cette liberté implique une contrepartie : chaque décision repose également sur leurs épaules.
Une maison d’édition fonctionne davantage comme un partenariat éditorial. Un éditeur peut proposer des modifications importantes, demander de retravailler certains passages, changer un titre ou orienter différemment la présentation commerciale du roman.
Cela peut parfois être frustrant, mais ce regard extérieur constitue aussi l’un des principaux intérêts de l’édition traditionnelle.
**Choisir un éditeur revient donc en partie à accepter que votre manuscrit devienne un projet éditorial collectif. Choisir l’auto-édition revient à conserver la direction du projet, avec toute la liberté et toute la responsabilité que cela implique.**
Le deuxième critère : pouvoir publier quand on le souhaite
L’auto-édition possède un avantage évident : aucun comité de lecture ne doit accepter votre texte avant sa publication.
Lorsque le manuscrit est prêt, vous pouvez passer directement aux étapes de correction, de mise en page, de couverture puis de publication.
Vous maîtrisez également votre calendrier. Un roman peut être publié lorsque vous estimez qu’il est terminé, sans dépendre du planning éditorial d'une maison.
La situation est très différente lorsque vous souhaitez présenter votre manuscrit à un éditeur.
Il faut d’abord identifier les maisons dont la ligne éditoriale correspond à votre livre, vérifier leurs conditions d’envoi puis préparer votre manuscrit. Vient ensuite une période d’attente dont la durée peut varier considérablement.
Un refus ne signifie d’ailleurs pas nécessairement que le roman est mauvais. Une maison peut déjà posséder un titre proche, ne pas chercher ce genre de texte à ce moment-là, disposer d’un programme complet ou simplement faire des choix éditoriaux différents.
Chercher un éditeur nécessite donc souvent de la patience.
Le troisième critère : le coût de la publication
L’édition traditionnelle possède ici un avantage important : dans le modèle classique à compte d’éditeur, l’auteur n’a pas à financer la fabrication et la commercialisation de son livre.
La maison d’édition investit dans le projet.
En auto-édition, il est possible de publier avec des dépenses limitées, notamment grâce à l’impression à la demande et aux formats numériques. Mais produire un livre réellement professionnel peut nécessiter plusieurs prestations :
correction ;
relecture ;
création de couverture ;
mise en page ;
illustrations éventuelles ;
exemplaires papier ;
communication ou publicité.
Il est possible d'effectuer soi-même certaines de ces tâches pour réduire les coûts, mais cela nécessite du temps et des compétences.
L’auto-édition permet donc de commencer avec un budget très limité, mais elle peut également devenir un véritable investissement si l’objectif est d’obtenir un résultat professionnel comparable aux standards de l’édition.
Le quatrième critère : les revenus et le risque financier
Un auteur auto-édité conserve généralement une part plus importante du prix généré par chaque vente, après déduction des frais et commissions liés aux plateformes, à l’impression ou à la distribution.
Mais il supporte également une plus grande partie du risque.
Correction, couverture, publicité ou impression peuvent être payées avant même de savoir combien d’exemplaires seront vendus.
Avec une maison d’édition, la part perçue par l’auteur sur chaque livre est généralement plus faible, puisque plusieurs acteurs interviennent dans la chaîne du livre. En contrepartie, l’auteur ne finance normalement pas lui-même la production du livre dans le cadre d’une édition traditionnelle à compte d’éditeur.
Comparer uniquement le montant gagné sur un exemplaire serait donc trompeur.
**Une marge plus élevée par vente ne signifie pas forcément un revenu total plus important. Tout dépend du nombre de lecteurs atteints, des dépenses engagées et du temps consacré à la commercialisation.**
Le cinquième critère : l’accompagnement éditorial
C’est probablement l’un des avantages les plus importants d’une bonne maison d’édition.
Publier un manuscrit ne consiste pas uniquement à corriger quelques fautes puis à créer une couverture.
Le travail éditorial peut porter sur le rythme du récit, sa structure, certains personnages, des incohérences, des longueurs ou simplement sur la manière de renforcer certaines scènes.
Un auteur qui travaille seul depuis plusieurs mois sur son roman finit inévitablement par connaître son texte presque par cœur. Il devient alors plus difficile de prendre du recul.
En auto-édition, cet accompagnement n’existe pas automatiquement. Il faut le créer soi-même : bêta-lecteurs, correcteur professionnel, accompagnement éditorial ou lecteurs de confiance peuvent alors jouer un rôle essentiel.
L’absence d’éditeur ne devrait donc pas signifier l’absence de regard extérieur.
Si votre roman est encore en cours de construction, vous pouvez également consulter notre article consacré à l’organisation d’un roman complexe : timeline, personnages et intrigues.
Le sixième critère : être présent en librairie
C’est l’un des domaines dans lesquels une maison d’édition peut apporter un avantage difficile à reproduire seul.
Un éditeur travaille avec des circuits de diffusion et de distribution permettant de présenter ses ouvrages aux libraires et de gérer leur disponibilité.
Cela ne signifie pas que chaque roman publié par une maison d’édition sera présent dans toutes les librairies. Mais l’accès au réseau professionnel du livre est généralement beaucoup plus naturel.
En auto-édition, être disponible sur de grandes plateformes en ligne est relativement accessible. Être réellement visible dans les librairies physiques demande en revanche davantage de démarches.
L’auteur doit parfois contacter directement les libraires, proposer des dépôts, participer à des salons ou construire progressivement son propre réseau.
Pour un auteur dont l’objectif principal est de voir son livre largement distribué dans le circuit traditionnel, ce critère peut donc peser fortement dans la décision.
Le septième critère : la communication autour du livre
Une idée persiste parfois : signer avec une maison d’édition permettrait à l’auteur de ne plus avoir à s’occuper de la promotion.
La réalité est plus nuancée.
Une maison peut accompagner le lancement, solliciter des médias, envoyer des services de presse, communiquer auprès des libraires ou organiser certains événements. Mais tous les livres ne disposent pas du même budget promotionnel.
Un auteur publié traditionnellement a donc lui aussi intérêt à parler de son livre, rencontrer ses lecteurs et construire progressivement une présence publique s’il le souhaite.
En auto-édition, cette responsabilité est simplement beaucoup plus évidente dès le départ.
Réseaux sociaux, site d’auteur, newsletter, salons, rencontres, presse locale, partenariats, publicité : l’auteur devient également responsable de la visibilité de son livre.
Pour quelqu’un qui aime entreprendre et construire son propre lectorat, cet aspect peut être stimulant.
Pour quelqu’un qui souhaite avant tout écrire, il peut rapidement devenir chronophage.
Le huitième critère : le temps que vous souhaitez consacrer à autre chose qu’à écrire
C’est probablement le critère le plus sous-estimé.
Un auteur auto-édité n’est pas seulement auteur.
Il devient aussi, selon ses choix, chef de projet, éditeur, responsable marketing, graphiste amateur, gestionnaire de prestataires, commercial ou community manager.
Tout ce temps n’est plus consacré à l’écriture du livre suivant.
Une maison d’édition prend en charge une partie importante de ces tâches. L’auteur conserve du travail autour de la promotion et des échanges éditoriaux, mais il n’a pas à piloter seul l’ensemble de la chaîne de publication.
Posez-vous donc une question très simple : **voulez-vous seulement écrire vos livres, ou avez-vous aussi envie de les éditer et de les commercialiser ?**
La réponse peut suffire à orienter votre choix.
L’auto-édition est probablement faite pour vous si…
Vous pouvez sérieusement envisager l’auto-édition si :
vous souhaitez conserver un maximum de liberté sur votre livre ;
vous voulez choisir votre calendrier de publication ;
vous êtes prêt à apprendre les différentes étapes de fabrication et de commercialisation ;
vous aimez gérer un projet dans son ensemble ;
vous acceptez de financer éventuellement certaines prestations ;
vous souhaitez construire directement votre lectorat ;
vous préférez publier sans dépendre de la sélection d’une maison d’édition.
L’auto-édition est particulièrement intéressante pour les auteurs qui apprécient l’indépendance et l’entrepreneuriat autour de leur travail créatif.
Une maison d’édition est probablement plus adaptée si…
Présenter votre manuscrit à des éditeurs peut être plus pertinent si :
vous recherchez un véritable accompagnement éditorial ;
vous souhaitez bénéficier d’un réseau professionnel de diffusion ;
vous ne voulez pas financer vous-même la production du livre ;
vous préférez consacrer davantage de temps à l’écriture qu’aux aspects techniques de la publication ;
vous êtes prêt à accepter des modifications proposées par l’éditeur ;
vous acceptez un processus de sélection et potentiellement plusieurs refus ;
vous n’avez pas besoin de contrôler chaque élément de la publication.
Cette voie demande généralement davantage de patience avant la publication, mais permet d’intégrer une structure déjà organisée autour de la fabrication et de la commercialisation du livre.
Et si vous hésitiez entre les deux ?
Le choix n’est pas nécessairement définitif pour toute une carrière.
Certains auteurs commencent en auto-édition, développent leur lectorat puis travaillent ensuite avec une maison d’édition. D’autres publient certains projets traditionnellement et en auto-éditent d’autres.
Vous pouvez également décider de commencer par présenter votre manuscrit à une sélection de maisons d’édition correspondant réellement à votre projet, puis envisager l’auto-édition si cette démarche n’aboutit pas.
L’essentiel est alors de définir votre stratégie avant d’envoyer votre manuscrit.
Fixez-vous, par exemple, une liste précise d’éditeurs à contacter et une période pendant laquelle vous souhaitez privilégier cette voie. Vous éviterez ainsi de rester indéfiniment dans l’attente sans savoir quand passer à l’étape suivante.
Dans les deux cas, le manuscrit reste le point de départ
Auto-édition et édition traditionnelle divergent surtout après l’écriture.
Avant cela, les besoins restent finalement très proches : terminer le roman, organiser les chapitres, vérifier les personnages et la chronologie, relire, corriger puis préparer une version propre du manuscrit.
Et cette dernière étape mérite de ne pas être négligée.
Un texte envoyé à une maison d’édition doit être lisible et correctement présenté. Un texte destiné à l’auto-édition devra quant à lui subir une préparation encore plus poussée avant de devenir un véritable livre.
Plumelisse permet de réunir les chapitres, les notes, les personnages et la timeline d’un roman dans un même projet pendant toute la phase d’écriture. Lorsque le manuscrit est prêt, l’offre Premium permet également de l’exporter en PDF ou DOCX avec une mise en forme pensée pour la présentation d’un manuscrit auprès d’un éditeur.
Vous pouvez retrouver le détail sur la page des fonctionnalités de Plumelisse.
Si votre principal obstacle se trouve encore quelques étapes avant la publication, vous pouvez aussi lire Pourquoi la plupart des gens n’arrivent jamais à finir leur roman ?.
Alors, auto-édition ou éditeur ?
Si votre priorité est la liberté, la rapidité et le contrôle, l’auto-édition possède de sérieux avantages.
Si vous recherchez avant tout un accompagnement éditorial, une prise en charge de la fabrication et un accès plus naturel aux circuits traditionnels du livre, une maison d’édition peut être plus adaptée.
Aucune de ces voies ne garantit le succès d’un roman. Et aucune ne transforme automatiquement un bon manuscrit en livre visible.
**Le véritable choix n’est donc pas seulement de savoir qui publiera votre livre. Il consiste à décider quel rôle vous souhaitez jouer une fois l’écriture terminée.**
Auteur uniquement, auteur accompagné ou auteur-éditeur : chaque modèle possède ses forces.
Votre prochain objectif reste dans tous les cas le même : préparer le meilleur manuscrit possible avant de le confier à quelqu’un… ou de décider de le publier vous-même.